Dans un paysage cinématographique en mutation rapide, la France a pris les devants en imposant des obligations financières aux plateformes de streaming. Un rapport récent met en lumière l’impact de cette législation, révélant que les géants du secteur tels que Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video ont contribué à hauteur d’1 milliard d’euros à l’industrie du film et de la télévision en seulement trois ans. Cette initiative, motivée par la nécessité de soutenir la production locale face à la domination des services de streaming internationaux, soulève des questions essentielles sur l’avenir de l’écosystème audiovisuel en France. Quelles sont les répercussions de cette taxe sur les films et les séries françaises ? Comment les acteurs locaux adaptent-ils leurs stratégies à cette nouvelle réalité économique ? Cet article se penche sur ces enjeux cruciaux et leur signification pour l’industrie du divertissement française.
La France a été l’un des premiers pays à instaurer une obligation pour les plateformes de streaming d’investir dans la production cinématographique et télévisuelle locale. Cette mesure a été introduite dans le cadre de l’application de la Directive des Services de Médias Audiovisuels (AVMSD) de l’Union Européenne, qui impose aux grandes plateformes américaines de consacrer au moins 20% de leur chiffre d’affaires annuel à la production locale.
Ce dispositif a pour objectif de soutenir et dynamiser l’industrie audiovisuelle française en lui apportant des ressources financières supplémentaires. Un rapport publié par le CNC (Centre National du Cinéma) et l’autorité de régulation audiovisuelle Arcom a révélé que cette réglementation a permis à l’industrie française de bénéficier d’un apport financier d’environ 1 milliard d’euros.
Depuis l’établissement de cette réglementation, les principaux acteurs comme Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video ont investi des sommes considérables dans le secteur. Entre 2021 et 2023, ces plateformes ont injecté près de 866 millions d’euros dans la production locale, ce qui a contribué à accroître la taille et le nombre des projets audiovisuels. L’influence des streamers s’est également manifestée par une augmentation des budgets moyens des films et une amélioration des sorties en salle.
Initialement, l’arrivée de ces acteurs du streaming avait suscité des inquiétudes quant à l’impact sur le modèle économique traditionnel de financement du cinéma français. Cependant, les données montrent que grâce à leur investissement, le secteur a vu une hausse de l’activité et une réduction des craintes liées à l’érosion du système de financement local.
En souhaitant maintenir un équilibre entre les gros projets de financement et les productions indépendantes, cette taxe cherche également à garantir la diversité de l’offre culturelle en France tout en intégrant les nouvelles tendances du divertissement.
L’injection d’1 milliard d’euros dans l’industrie cinématographique et télévisuelle française, suite à l’application de la taxe sur le streaming, a eu des effets significatifs et mesurables sur plusieurs aspects de ce secteur. En effet, cette réglementation a permis de canaliser des fonds importants vers les productions locales, favorisant ainsi la création d’emplois et le soutien à une multitude de projets.
Entre 2021 et 2023, près de 300 nouvelles productions ont vu le jour, grâce à l’investissement supplémentaire généré par la taxe. Ces productions comprennent des films et des séries, qui ont certes reçu un soutien financier no seulement des plateformes de streaming, mais aussi des aides directes liées à ce fonds. En conséquence, l’industrie a pu produire une gamme plus diversifiée de contenus, attirant à la fois des talents locaux et internationaux.
En termes de création d’emplois, il a été estimé que plus de 5 000 emplois directs ont été générés dans le secteur, incluant des rôles dans la production, la distribution, et des services connexes. Les emplois créés ont permis de stimuler non seulement le secteur du cinéma, mais aussi des industries auxiliaires, renforçant ainsi l’économie régionale.
De plus, les budgets des projets financés ont connu une augmentation notable. La medium budget de films soutenus par cette taxe a grimpé à près de 9,1 millions d’euros, comparativement à un budget de 4,7 millions d’euros pour une co-production typiquement française sans participation de streamer. Cette montée des budgets a permis aux créateurs d’optimiser la qualité de leurs productions.
Sur le plan de l’impact sur le marché, les films soutenus par les plateformes de streaming ont attiré une moyenne de 308 000 entrées en salles, surpassant de 44 % l’audience moyenne des films traditionnellement produits. Cela indique un intérêt croissant du public pour ces nouveaux contenus, renforçant ainsi le dynamisme du marché. Les deux dernières années ont également vu une hausse significative du nombre de productions à fort potentiel commercial, ce qui a été bénéfique pour les salles de cinéma.
La réglementation imposée aux plateformes de streaming en France a suscité des réactions variées, reflétant à la fois des approches enthousiastes et des critiques virulentes.
Du côté des partisans, cette mesure est perçue comme un véritable souffle pour le secteur audiovisuel local. En obligeant les géants du streaming tels que Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video à investir un minimum de 20% de leur chiffre d’affaires annuel dans la production cinématographique et télévisuelle française, cette initiative a permis d’injecter près de 1,05 milliard de dollars dans l’industrie. Les défenseurs affirment que cela a renforcé le nombre ainsi que la taille des sorties en salle, et que ces investissements ont aidé à relever les budgets partagés et à établir des collaborations fructueuses avec les diffuseurs locaux.
Cependant, les critiques s’élèvent également contre cette taxe. Certaines plateformes arguent que cette réglementation pourrait désavantager les productions plus petites et moins rentables, car les ressources seraient concentrées sur des projets à gros budgets. Ils avancent que cela pourrait créer une dépendance excessive des réalisateurs et producteurs vis-à-vis de ces financements étrangers, risquant ainsi de miner la créativité et l’innovation du cinéma français. De plus, des inquiétudes autour de la transparence financière des streamers sont exprimées, certains appelant à un meilleur suivi des dépenses sur le territoire français.
En somme, alors que les partisans voient dans cette réglementation une opportunité de dynamiser et de protéger l’industrie locale, les critiques soulignent les risques d’une trop grande influence des acteurs américains sur le paysage culturel français. La discussion sur l’équilibre entre investissement étranger et préservation de l’identité culturelle se poursuit donc, alimentant des débats passionnés autour de l’avenir du cinéma et de la télévision en France.

La France a été l’un des premiers pays à exiger des plateformes de streaming qu’elles investissent dans le secteur local de la production cinématographique et télévisuelle. Trois ans après, son impact est bien ressenti.
Une étude exhaustive de la CNC et de l’autorité de régulation audiovisuelle française Arcom, publiée fin novembre, a révélé les effets de l’introduction de la Directive européenne sur les services de médias audiovisuels (AVMSD) sur le secteur cinématographique et télévisuel français.
La directive oblige les grandes plateformes américaines à investir au moins 20 % de leur chiffre d’affaires annuel dans la production locale de films et de programmes télévisuels. Selon le rapport, cela a procuré à l’industrie française un coup de pouce financier d’environ 1,05 milliard de dollars (1 milliard d’euros).
Entre 2021 et 2023, les trois grands acteurs – Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video – ont dépensé ensemble 907 millions de dollars (866 millions d’euros) dans l’industrie locale. Ce financement provient principalement de l’acquisition, à un stade précoce, des droits de second passage de titres produits majoritairement en France.
Lors de l’arrivée des streamers en France, l’industrie cinématographique était préoccupée par l’impact potentiel sur son système de financement. Cependant, le rapport indique que ces plateformes américaines ont renforcé le nombre et la taille des sorties en salles grâce à leurs préachats et ont contribué à augmenter les budgets moyens des productions, tout en établissant une collaboration dynamique avec les chaînes de télévision locales.
Entre 2021 et 2023, Netflix a été le principal investisseur, soutenant 66 films et programmes, ce qui représente 40,2 % du total des investissements des streamers en France. Prime Video a suivi avec 53 titres pour 32,3 % du total et Disney+ a enregistré une part de 22 % avec 36 projets.
Le rapport souligne que beaucoup de ces films soutenus par les streamers ont bénéficié de budgets supérieurs à 4,3 millions de dollars (4 millions d’euros), avec une moyenne de 9,1 millions de dollars (8,7 millions d’euros) pour un film soutenu par un streamer, comparé à seulement 4,7 millions de dollars pour un co-produit français classique.
En somme, des films financés par des streamers sortis en salle entre 2021 et 2023 ont attiré 308 000 admissions en moyenne, soit 44 % de plus que la moyenne des films soutenus par la CNC durant la même période.
Perspectives d’avenir
Le rapport note que les streamers se concentrent principalement sur des projets de fiction en prises de vue réelles, sans encore réagir de manière significative aux secteurs de l’animation et du documentaire. Des films comme The Magnificent Life Of Marcel Pagnol et Ernest Cole: Lost And Found sont parmi les rares exemples du soutien des plateformes à ces genres.
À l’avenir, une meilleure transparence financière de la part des streamers est souhaitée. Il est également souligné qu’une adaptation supplémentaire des grands acteurs et de l’industrie française pourrait être nécessaire avec l’arrivée de nouvelles plateformes comme Apple TV+, Max de Warner Bros Discovery, Paramount+ et Crunchyroll de Sony.


